COMPÉTITION OFFICIELLE

Rien pour Les Lignes de Wellington de Valeria Sarmiento et Spring Breakers d'Harmony Korine. Pour le premier, on peut comprendre que Michael Mann a pu penser que ça manquait de poursuites en voiture, pour le second, on aurait pu croire qu'il serait sensible à la facture du film. Valeria Sarmiento et Harmony Korine pourront toutefois se consoler lorsqu'ils verront qu'ils figurent dans notre palmarès. Pour Terrence Malick et To the Wonder, retour sur terre, pas de doublé Palme-Lion d'or. On ne s'en plaindra pas.

LION D'OR DU MEILLEUR FILM : Pieta de Kim Ki-duk. Nous n'aurons donc pas vu le Lion d'or, nous nous imposerons un silence gêné quant aux raisons justifiant cet écart, en précisant que ce n'était pas pour aller boire du soju avec Hong Sang-soo. On ne s'autorise pas à parler d'un film sans l'avoir vu, et s'il a eu le Lion d'or, connaissant le nez souvent creux des jurys des grands festivals, on peut penser que c'est un immense film, avec un Kim Ki-duk comme toujours au sommet de son art.



LION D'ARGENT POUR LE MEILLEUR RÉALISATEUR : The Master de Paul Thomas Anderson. Logique, presque trop. Mais avec un tel nombre de films empruntés, inaboutis ou trop inégaux, il est évident qu'Anderson figurait parmi les favoris. Mais The Master semble remettre au goût du jour certaines réserves que There Will Be Blood avait, plus ou moins, pu lever à propos du cinéaste.

PRIX SPECIAL DU JURY : Paradies : Glaube d'Ulrich Seidl. Ils sont vraiment très forts ces Autrichiens... Belle scène d'autoflagellation avec un sens de la durée indéniable.

COPPA VOLPI POUR LA MEILLEURE INTERPRÉTATION MASCULINE : Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix dans The Master de Paul Thomas Anderson. C'est un beau duo entre le cérébral Hoffman et l'animal Phoenix. Au rayon performance, James Franco pouvait bien prétendre à la Coppa Volpi pour lui tout seul. Au moins on aura échappé à Toni Servillo, ne soyons donc pas plaintif.



COPPA VOLPI POUR LA MEILLEURE INTERPRÉTATION FÉMININE : Hadas Yaron dans Lemale Et Ha'Chalal de Rama Bursthein. C'était une possibilité tout à fait raisonnable dans un film sur un remariage de raison.



PRIX MARCELLO MASTROIANNI POUR LE MEILLEUR ESPOIR : Fabrizio Falco dans Bella Addormentata de Marco Bellocchio et È Stato il Figlio de Daniele Ciprì. Sans opinion.

PRIX DU MEILLEUR SCÉNARIO : Olivier Assayas pour Après mai. Les choix de récit sont ce qu'il y a de plus réussi et intéressant dans le film, c'était donc le seul prix auquel Après mai pouvait raisonnablement prétendre. Toutefois, en matière de scénario, At Any Price de Ramin Bahrani avait, semble-t-il, de bien meilleurs arguments.



PRIX POUR LA MEILLEURE CONTRIBUTION TECHNIQUE : Daniele Ciprì pour È Stato il Figlio. À moins de rebaptiser cette récompense "Prix du tartinage visuel épais", c'est tout à fait incompréhensible.


ORIZZONTI

PRIX ORIZZONTI DU MEILLEUR FILM (LONG MÉTRAGE) : San Zimei (Three Sisters) de Wang Bing. Ouf ! C'est promis, on en parle bientôt de façon développée dans nos colonnes.

PRIX SPÉCIAL DU JURY ORIZZONTI (LONG MÉTRAGE) : Tango libre de Frédéric Fonteyne. Par son titre, un film qui donne envie de revoir L'Acrobate de Jean-Daniel Pollet. Par ses premières minutes, un film qui redonne envie de revoir L'Acrobate de Jean-Daniel Pollet. Comme Critikat pour le Lion d'or, le jury Orizzonti a-t-il oublié d'aller voir L'Intervallo de Leonardo Di Constanzo ?

PRIX ORIZZONTI YOUTUBE POUR LE MEILLEUR COURT MÉTRAGE : Cho-de de Yoo Min-young. Compétition très faible, celui-ci a le mérite d'avoir un peu de tenue, et beaucoup de retenue dans cette évocation d'un deuil.

PRIX DU FILM EUROPÉEN : Titloi Telous de Yorgos Zois. Le film le plus stimulant parmi les courts, une série de vues sur des panneaux publicitaires inoccupés. Un film-idée qui parvient à déployer un imaginaire assez riche, notamment à propos de la Grèce actuelle – on ne sait pas tout de suite que le film s'y déroule. L'échelle des plans est rompue par une vue d'ensemble d'Athènes qui dégage une certaine force.